16 septembre 2026 · 8 min de lecture

Persan, caucasien, turc, turkmène : reconnaître l’origine d’un tapis d’Orient

Le mot « tapis persan » sert souvent à désigner n’importe quel tapis d’Orient. Or l’origine est le premier critère de valeur. Voici comment nous lisons une pièce, région par région.

Persan, caucasien, turc, turkmène : reconnaître l’origine d’un tapis d’Orient

Le nœud : symétrique ou asymétrique

Deux grandes familles de nœuds structurent le monde du tapis. Le nœud symétrique (dit « turc » ou ghiordès) enserre deux fils de chaîne ; on le trouve en Anatolie, au Caucase et dans certaines régions d’Iran. Le nœud asymétrique (dit « persan » ou senneh) s’enroule autour d’un fil et passe derrière le second ; il permet des dessins plus fins et domine en Perse, en Inde et en Asie centrale. Au dos, à la loupe, la différence est nette.

Les tapis persans (Iran)

Ils se répartissent entre tapis de ville et tapis de village. Les tapis de ville — Tabriz, Kashan, Isfahan, Nain, Qom, Kerman, Mashad — sont finement noués, souvent sur chaîne de coton (ou de soie pour les plus fins), avec des médaillons centraux, des rinceaux floraux et des bordures à plusieurs bandes. Les tapis de village et tribaux — Heriz, Bidjar, Hamadan, Chiraz, Gabbeh, Beloutch — sont plus géométriques, plus épais, avec des laines lustrées et des palettes rouge-bleu affirmées.

Les tapis caucasiens

Kazak, Chirvan, Kouba, Karabagh, Daghestan : tissés entre la mer Noire et la Caspienne, ils sont géométriques, à nœud symétrique, avec des motifs en crochets, des étoiles, des médaillons à degrés et des bordures « feuilles et calices ». Les Kazak anciens, à laine épaisse et couleurs franches, sont parmi les tapis les plus recherchés des collectionneurs.

Les tapis turcs (Anatolie)

Oushak, Ladik, Bergama, Ghiordès, Konya, et les tapis de soie de Hereke. Le nœud est symétrique, la chaîne souvent en laine. Les tapis de prière (avec une niche, le mihrab) sont typiques. Les Oushak anciens, à grands motifs et couleurs douces sur fond rouge ou ivoire, plaisent beaucoup dans les intérieurs contemporains.

Les tapis turkmènes et d’Asie centrale

Les Boukhara, Tekke, Yomut, Ersari, Afghans : reconnaissables à leur champ rouge-brun couvert de güls (médaillons octogonaux répétés). Le nœud est asymétrique, le format souvent allongé. Les pièces anciennes tissées pour la tente — sacs, bandes de tente, portières — sont des objets de collection.

Kilims et tissés plats

Un kilim n’a pas de velours : les fils de trame colorés forment le dessin en tissage plat, ce qui le rend réversible. Anatolie, Caucase, Perse (Senneh, Qashqaï) et Afghanistan produisent des kilims, ainsi que des soumaks (tissés brodés). Ils sont légers, graphiques, et les pièces anciennes aux teintures naturelles ont un vrai marché.

Et les tapis venus d’ailleurs

L’Inde (Agra, Jaipur, copies de dessins persans), le Pakistan (Boukhara pakistanais, très répandus dans les années 1980), la Chine (Pékin, Tientsin, tapis à motifs floraux et dragons), le Népal et le Maroc (tapis berbères) complètent le paysage. Beaucoup sont noués main, mais leur valeur dépend fortement de la qualité et de l’époque : un Boukhara pakistanais commercial n’a rien à voir avec un Tekke ancien.

Ce que ça change pour vous

Identifier l’origine permet d’estimer juste, d’adapter le nettoyage (les laines et teintures ne réagissent pas de la même façon) et de restaurer avec les bonnes techniques. Si vous hésitez, envoyez-nous des photos : nous vous dirons d’où vient votre tapis et ce qu’il vaut, gratuitement — voir le rachat et l’estimation gratuite. Et pour choisir une pièce, notre galerie de Metz présente des tapis de toutes ces origines.


Rédigé par l’équipe de Babylone Tapis Orient, galerie et atelier de tapis à Metz.

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